The Sun Gives Without Receiving: a conversation

Conférence inaugurale | The Sun Gives Without Receiving: a conversation

Avec Pélagie Gbaguidi & Daniel Blanga Gubbay

Conférence en français

Un après-midi, il y a quelques années, Pélagie Gbaguidi et Daniel Blanga Gubbay ont entamé une conversation télépathique, où chaque question trouvait sa réponse dans l’extraction d’un texte rédigé des heures auparavant, sans savoir à quoi il répondrait. Ce dialogue convoque plusieurs temporalités – l’avant, le pendant et l’après de la conversation – et renonce à l’efficacité de l’échange immédiat, pour s’ouvrir à l’incompréhension, au risque de l’égarement, et à la possibilité de découvrir ailleurs, au-delà de ce qui est correct, un autre espace.

De cette image naît leur conversation : moins une présentation de leurs pratiques qu’une exploration – au seuil d’une nouvelle année académique – de ce qui échappe au langage et à la mesure, de ce qui excède l’utile dans la création artistique. En s’ouvrant à la puissance du silence, elle interroge aussi sa place dans un présent marqué par des silences imposés face à des catastrophes successives, à commencer par un génocide en cours. Empruntant son titre à une phrase de Georges Bataille, cette conversation se déploie comme une réflexion ouverte sur la générosité radicale et sur le gaspillage, envisagé comme remède possible à un monde tout entier tourné vers l’efficacité.

 

Daniel Blanga Gubbay est commissaire dans le domaine des arts de la scène et écrivain. Depuis 2018, il codirige le Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles. Il a travaillé comme commissaire indépendant de performances et de programmes publics, entre autres à la Biennale de São Paulo (2025), à Ashkal Alwan (Beyrouth, 2021) et à Manifesta (Palerme, 2018). Il est membre de Celador, un espace d’expérimentation autour du langage à Bruxelles, ainsi que du comité artistique du Beirut Art Centre. Titulaire d’un doctorat en études culturelles, il enseigne à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles et écrit dans divers contextes, avec actuellement une série sur la chorégraphie dans Mousse Magazine intitulée Notes on Spitting.

Pélagie Gbaguidi se définit comme un griot contemporain. Au sens poétique, le « griot » remet en question l’individu dans sa propre trajectoire car il absorbe la parole des anciens, la remodule comme une boule de graisse qu’il vient déposer dans le ventre du passant, avec les ingrédients de son époque.

Ses peintures, écrits, dessins et installations sont des réflexions sur la mémoire individuelle et collective. Son œuvre ajoute une nouvelle ligne à l’histoire coloniale et post-coloniale où des traces de traumatismes, des symboles, des associations et de nouveaux archétypes composés vont à l’encontre de la version officielle et contournent l’oppression, l’abomination et l’héritage de ce passé. À partir de ses connaissances des archives, elle recontextualise ce qui s’est passé autrefois afin de briser la chaîne d’injustice qui s’est poursuivie depuis.


 

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Pelagie Gbaguidi
Pelagie Gbaguidi