Semaine SHARE 2026

La semaine SHARE aura bien lieu, dans un format fidèle aux éditions précédentes, comprenant workshops, projections de films, présentations d'artistes et tables-rondes, avec une programmation collective. Le fil conducteur portera sur des réflexions autour du phénomène de fragilisation des structures d’enseignement et de l’art contemporain.

De la fragilité de l’enseignement des arts et du secteur 

Intervenant·es : Marwa Arsanios - Simon Asencio - Lore D Selys - Histoires de Miroirs : Kinshasa/Bruxelles - Pierre-Damien Huyghe - Aliocha Imhoff/Le peuple qui manque - Alain Kassanda & Ayoko Mensah - Public School / l’Auto-école by MULTI CARE  - Anna Raimondo - Yoann Van Parys - Euridice Zaituna Kala & Antoinette Jattiot 

☞ Programme 

Brochure à télécharger

26/01

18:00 | Ouverture et mot de bienvenue
18:30 - 20:30 | Projection du film "Coconut Head Generation" d'Alain Kassanda (2023) en sa présence, suivie d'une conversation avec Ayoko Mensah

27/01

9:30 | Accueil et introduction 
10:00 - 12:30 | Présentations des invit·ées à l'auditoire Horta : Simon Asencio, Lore D Selys, Anna Raimondo, Yoann Van Parys et The Public School / l’Auto-école par MULTI CARE
13:30 - 17:30 | Workshop Bivouacs de Simon Asencio 
14:00 - 17:00 | Workshop Avons-nous des oreilles féministes ? Anna Raimondo
14:00 - 17:00 | Workshop Que ferions-nous si nous étions Italien·nes? de Yoann Van Parys 
14:30 - 17:30 | Workshop FRIXAUNA de lroe deselys 
17:30 - 19:00 | Projection du film "Who is afraid of Ideology" de Marwa Arsanios, suivie d'une présentation de l'artiste

28/01

11:00 - 12:30 | Présentation d'Euridice Zaituna Kala & Antoinette Jattiot 
14:00 - 17:00 | Workshop de Yoann Van Parys 
14:00 - 17:00 | Workshop Anna Raimondo
14:30 - 17:30 | Workshop de lroe deselys 

29/01

9:00 - 12:00 | Public School/ L'auto-école par CARE & MULTI : sessions de transmissions menées par les étudiant·es
13:30 - 17:30 | Workshop de Simon Asencio 
14:00 - 17:00 | Workshop Anna Raimondo
14:00 - 17:00 | Workshop de Yoann Van Parys 
14:30 - 17:30 | Workshop de lroe deselys 
18:30 - 20:00 | Conférence d'Aliocha Imhoff / Le peuple qui manque "Répétition générale !"

30/01

10:00 - 12:30 | Le mémoire en école d'art : partage d'expériences 
14:30 - 17:30 | Conférence de Pierre-Damien Huyghe "La forme-cinéma", suivie d'une table ronde animée par Natacha Pfeiffer, Bruno Goosse, Sébastien Andres et Dirk Dehouck
18:30 - 20:00 | Histoires de Miroirs, présentation et table ronde, suivi d'un karaoke

 

☞ En détails
 

• Lundi 26.01, 18:30-20:30
Projection du film Coconut Head Generation (1h29, 2023) d’Alain Kassanda suivie d’une conversation entre le réalisateur et Ayoko Mensah

Alain Kassanda, natif de Kinshasa, a quitté la République démocratique du Congo pour la France à l'âge de 11 ans. Après des études de communication, il se lance dans l'organisation de cycles de projections de films dans différents cinémas parisiens. Il devient ensuite programmateur des 39 Marches, une salle de cinéma d'art et d'essai en banlieue parisienne, durant cinq ans, avant de s'installer à Ibadan, au sud-ouest du Nigéria, de 2015 à 2019. Il y réalise Trouble Sleep, un moyen métrage centré sur l'univers de la route. Le film a reçu le Golden Dove du Meilleur court métrage au festival Dok Leipzig en 2020 et la mention spéciale du jury au festival Visions du réel. S'en suit Colette et Justin, un long métrage entremêlant récit familial et histoire de la décolonisation du Congo, sélectionné en compétition internationale à IDFA en 2022. 

Coconut Head Génération, son troisième film, a obtenu le Grand Prix au festival Cinéma du réel en 2023. 

Tous les jeudis un groupe d’étudiant·es de l’université d’Ibadan au Nigeria organise un ciné-club. Regarder ensemble des films libère la parole et va transformer ce simple rendez-vous cinéphile en véritable agora où s’élabore une pensée critique, politique et militante. 
Cette jeunesse, à qui on dit qu’elle a la tête dure et vide comme une noix de coco, va s’emparer de ce qualificatif méprisant et l’ériger comme un étendard dans sa lutte pour un meilleur Nigeria.

 

• Mardi 27.01, 10h-12h30 
Présentations des workshops par les intervenant·e·s

- Bivouacs par Simon Asencio
- FRIXAUNA par lroe deselys 
- Avons-nous des oreilles féministes ? par Anna Raimondo
- Que ferions-nous si nous étions Italien·nes? par Yoann Van Parys
- The Public School / l’Auto-école par MULTI CARE
 

Les workshops sont réservés aux étudiant·es de l'ArBA-EsA. 
Le lien pour les inscriptions aux workshops a été envoyé sur l'adresse mail @arba. 

 

▻ Mardi 27.01 et jeudi 29.01, de 13 :30 à 17 :30 
Bivouacs par Simon Asencio 
Nombre participant· e·s souhaité·e·s : 12 

Prenant pour point de départ sa recherche sur la pratique radiophonique du poète algérien Jean Sénac et son émission de radio « Poésie sur tous les fronts » dans l’Algérie révolutionnaire des années 60-70, Simon Asencio propose d’entrer en interférence avec d’autres histoires, celles des expérimentations des radio-libres/clandestines, du radio-art, des mouvements de micro-radio et de streaming pour penser le médium et la situation radiophonique (amplifier, émettre, diffuser) comme un espace de partage et de production de connaissance par le son : une infrastructure qui dépasse les murs. En explorant les couplages entre prosodie (l’organisation du mouvement de la parole), montage (arrangement, superposition, mixage) et diffusion (transmission, propagation) il sera question de penser une forme de convivialité par les ondes : une radio collective publique sans audience, une fréquence comme espace temporaire de recherche, un théâtre de la voix déplacée et différée.

Simon Asencio est artiste et enseignant. S’appuyant sur des méthodologies de recherche propres à la performance, la littérature et la pédagogie critique, sont travail prend la forme de performances, de publications, d’expositions, d’ateliers collectifs et de projets de co-création.
Ses recherches actuelles portent sur les formes de sociabilité générées par les pratiques textuelles. En 2024, il a reçu une bourse du Centre National des Arts Plastiques pour développer une reconstitution performative de la conférence politique et littéraire Left/Write! (1981, San Francisco). Avec le soutien de Rhizome à Alger, il mène des recherches sur l’engagement poétique révolutionnaire et tiers-mondiste du poète algérien Jean Sénac à travers son émission de radio « Poésie sur tous les fronts » (1967-1971).

© Simon Asencio, Archive personnelle, Alger, 2025

▻ Mardi 27.01, mercredi 28.01 et jeudi 29.01, 14 :30-17 :30
FRIXAUNA par lroe deselys 
Nombre participant·es illimité 

Tantôt sensation fondamentale du corps et de son environnement, tantôt caractère de nos relations affectives au pouvoir, le CHAUD et le FROID régissent nos rapports de proximités et de distances aux autres comme au terrestre. Par une exploration indisciplinaire (mots, silences, sons, exercices corporels, spaciaux, plastiques et multimedia) de ces sensations antagonistes, ainsi que par une séance en collectif dans un sauna bruxellois (Sauna Never Dry), cet atelier propose une immersion à la fois méditative et créatrice, physique et politique du thermique.

A propos de Sauna Never Dry par Nobody's Indiscipline : 

Ensemble, nous souhaitons rendre cet espace aussi confortable et sûr que possible. Il n'existe pas de manière unique pour en faire l'expérience. Nous vous demandons de respecter les autres, ainsi que leurs pronoms et leur choix de s'exposer ou non. Dans cet espace, il est possible, mais pas obligatoire de s'habiller ou se déshabiller, participer ou non aux activités proposées. Sauna Never Dry est devenu le prétexte hivernal pour rassembler les gens, partager des pratiques et développer une communauté queer et décoloniale autour de cet espace.

Lore D Selys travaille les sens et les mots à l’intersection d’espaces dont nous sommes parfois les usagers, parfois les habitantes. Étudiant la sculpture, montage audio-visuel, philosophie, culture visuelle et théorie critique simultanément ou alternativement à la Cambre, l’ULB, Ashkal Alwan et Goldsmith University, De 2009 à 2015, avec Berjuhi Ournéchian, Lora Deylsy développe le projet “Tétons acides” un projet trans–géographique, transdisciplinaire et féministe explorant les rapports entre mémoire, destruction, traductions et transmissions dans le contexte libano-arménien et ses au-delà. De 2016 à 2020, elle est un tiers du projet artistique Radio Earth Hold composant des essais-radiophoniques questionnant la notion de solidarité par le son trans-geohistorique(Serpentine Galleries, Qalandia International, Nottingham Contemporary ). Laore Delys expose son travail personnel, via ses variations nominales et collaboratives, entre autres, au Palais de Tokyo (Paris, 2014), Établissements d’en face (Bruxelles, 2018, 2020),  Beirut Art Center (2011, 2013), CCA Ujazdowski ( Varsovie 2015, 2021), Wiels-affiliate (Bruxelles, 2024). Depuis 2020, Deselys enseigne le séminaire Act&Rflx à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.

© Ldelys, FRIXAUNA X SWEAT POEMS, photo-montage, 2026

▻ Mardi 27.01, mercredi 28.01, jeudi 29.01, 14 :00-17 :00 
Avons-nous des oreilles féministes ? par Anna Raimondo
Nombre participant·es souhaité·es : 8 

« Feminism: we hear what each other can hear. Feminism: we hear each other hear how we are not heard. Feminism: we are louder, not only when we are heard together, but when we hear together. »
Sara Ahmed, The Body of Sound: Becoming a Feminist Ear, 2024, p. 277

Cette master class de sensibilisation à l’« écoute de genre »,  terme et cadre conceptuel que j’ai formulés et définis dans le cadre de ma recherche doctorale, s’appuie sur une méthodologie que je développe actuellement dans ma thèse intitulée Toward Gendered Listening of Voices and Silences, menée entre l’ARBA et l’ULB.
En m’appuyant sur les écrits de Sara Ahmed et d’autres penseuses féministes, ainsi que sur ma pratique artistique et les intuitions qui en émergent, je propose d’explorer collectivement ce que signifie « écouter avec des oreilles féministes ».
Je partagerai ma démarche méthodologique, mes questionnements et les enjeux liés à l’écoute dans les processus d’interview et prises de son des voix, d’enregistrement de paysage sonore et de création sonore, à partir d’expériences vécues dans mes projets participatifs.
Nous interrogerons la place de l’écoute dans nos vies et nos pratiques artistiques, ainsi que l’influence du féminisme sur notre perception et notre rapport aux voix et aux silences.
L’écoute et le féminisme y sont envisagés comme des pratiques vivantes, non dogmatiques et collectives ; cette master class se déploie ainsi comme un laboratoire d’écoute et d’expérimentation. Entre épistémologie féministe, activisme et pratique artistique, les participant·es seront invité·es à questionner, activer et jouer avec leurs manières d’écouter.

Anna Raimondo est une artiste sonore et radiophonique ainsi que performeuse vivant à Bruxelles. Elle a obtenu un master en Sound Arts au London College of Communication (UAL, Royaume-Uni) et mène actuellement un doctorat pratique entre l’ArBA et l’ULB à Bruxelles, intitulé "Toward gendered listening". Son travail explore les croisements entre art sonore, féminisme et post-colonialisme. Elle a présenté ses œuvres dans de nombreuses biennales, festivals et expositions à l’international, notamment à la CENTRALE for Contemporary Art à Bruxelles, la Bienal de Malta,documenta14, la Biennale de Dakar, le MACAAL de Marrakech, Hangar Bicocca (Milan), et le McaM de Shanghai. Elle est également lauréate de résidences et de prix tels que l’Institut IMéRA à Marseille ou le Palma Ars Acustica. En tant que curatrice, elle s’intéresse aux pratiques sonores critiques, et a co-curaté plusieurs projets dont Saout Africa(s) pour documenta14 et Here.now.where? à la Biennale de Marrakech.

 


Anna Raimondo, Qeer Codes New Boundaries © Serena Vittorini


▻ Mardi 27.01, mercredi 28.01 et jeudi 29.01, 14 :00-17 :00
Que ferions-nous si nous étions Italien·nes? par Yoann Van Parys 
Nombre participant·es illimité

En 1957, Roland Barthes publie Mythologies, un recueil de textes écrits au gré de l'actualité des deux années précédentes. Sous couvert de disparité et de casualité, Barthes esquisse ce qui peut s'apparenter à l'analyse des traits distinctifs d'un imaginaire collectif, ici français. De la Citroën DS au Tour de France, il s'empare de stéréotypes non pas tant pour les déclasser, comme on le fait de coutume, les stéréotypes ayant, mauvaise presse, mais pour sonder au contraire ce qu'ils recouvrent en profondeur. Éclairé par cette audacieuse enquête, le présent workshop se propose d'adopter une approche modestement semblable à celle du grand sémiologue, en s'attachant toutefois à un autre territoire, à plus d'un égard mythique : l'Italie. Que ferions-nous si nous étions Italien·nes? Partant de cette question naïve, nous tâcherons de plonger dans la culture italienne au prisme, spécifique, des œuvres d'art moderne et contemporain qu'elle produit. Une fois notre enquête avancée, nous prendrons le risque de nous laisser gagner par le monde de cet autre, italien, en nous prêtant notamment au jeu du remake : il s'agira de refaire son propre travail plastique en le soumettant volontairement à une influence italienne. Qui est cet/cette autre italien.ne? pourrait-on poursuivre, toujours naïvement ... Comment le/la saisir, le/la comprendre, à la fois dans ses évidences et ses opacités, à la fois dans ses dits et moins dits, ses vus et moins vus?

Yoann Van Parys a expérimenté l'Italie au départ de ses campings. Le camping de Bologne, avec son air de banlieue américaine pavillonnaire ; le camping de Vérone, installé dans le cadre luxuriant d'un ancien jardin botanique ; le camping de Fiesole, au pied d'une villa patricienne accueillant temporairement des migrants en morte saison, jouant au football dans le jardin ; le camping de Vicenza, situé à une heure et demie de marche de la gare ; et surtout le camping du Lido de Venise, avec son patron agressif et son bananier ne donnant pas de bananes. À la clef, une constante : de mauvaises nuits, et des illuminations, à l'aube.
 

© Yoann Van Parys, 2025
 

• Mardi 27.01, 17h30-19h00 
Projection du film Who Is Afraid of Ideology? de Marwa Arsanios suivie d’une présentation de l’artiste 

Marwa Arsanios est une artiste, cinéaste et chercheuse dont le travail peut prendre la forme d’installations, de performances et d’images en mouvement. Elle reconsidère le développement politique de la seconde moitié du vingtième siècle dans une perspective contemporaine, en se concentrant sur les relations entre les sexes, le collectivisme, l’urbanisme et l’industrialisation. Son travail, déployé à travers de nombreux projets collaboratifs, a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles, notamment au Heidelberger Kunstverein (Allemagne, 2023), aux Mosaic Rooms (Londres, 2022), au Contemporary Arts Center (Cincinnati, 2021), au Beirut Art Center (2017) et au Hammer Museum (Los Angeles, 2016). Il a également été présenté dans d’importantes expositions collectives, parmi lesquelles la documenta 15, la 11e Biennale de Berlin (2020), la Biennale de Sharjah (2019), la Biennale de Venise (2013), le New Museum (New York, 2014) et le MAXXI (Rome, 2017).
 

• Mercredi 28.01, 11h-12h30 
Daylighting : maar het is het water dat spreekt / mais c’est l’eau qui parle 
Conversation entre Euridice Zaituna Kala & Antoinette Jattiot 

La présentation d’Euridice Zaituna Kala prend pour point de départ son exposition à venir au centre d’art La Loge (vernissage le 4 février). Daylighting : maar het is het water dat spreekt / mais c’est l’eau qui parle retrace un trajet entamé lors d’une résidence à New York (2023), où elle découvre la notion de « daylighting rivers », désignant l’excavation de cours d’eau recouverts par des infrastructures urbaines. Reliant New York à Rennes, Maisons-Alfort, Maputo, La Réunion, puis Bruxelles, Kala revient sur son processus et sur les questions qui l’ont conduite au tissage de récits mettant en lumière des continuités entre l’eau, la nature et les récits humains, au sein de périodes historiques parfois opaques. Elle plonge dans le passé de personnes et d’écosystèmes — tels que celui de la rivière bruxelloise de la Senne, aujourd’hui entièrement couverte — ayant autrefois habité des lieux urbains. En tentant d’établir de nouveaux liens entre ces contextes, elle remet en question une vision dominante de la ville, purement axée sur la croissance.

Née en 1987 à Maputo (Mozambique), Euridice Zaituna Kala vit et travaille à Maisons-Alfort. Son œuvre se concentre sur les métamorphoses culturelles et historiques, ses manipulations et ses adaptations. L’artiste reproduit le vocabulaire visuel des archives historiques pour en révéler ses subjectivités, mais aussi celles et ceux qu’elles ont invisibilisé·es. Elle questionne l’appropriation des corps colonisés par leur représentation dans les archives ; mais plutôt que de s’emparer de leur histoire, elle tente de réaffirmer leur existence. Sa démarche prend appui sur la recherche, avec une expression aux formes plurielles. Sa pratique se présente de manière protéiforme : performances, installations, photographies, textes, sculptures/ paysages, vidéos, oeuvres sonores... Elle est professeur- artiste depuis 2022 à l’école des Beaux-Arts de Nantes et fondatrice et co-organisatrice de e.a.s.t. (Ephemeral Archival Station), un laboratoire et une plateforme de projets de recherche artistique, établis en 2017. 

Antoinette Jattiot (elle/she, vit et travaille à Bruxelles) est diplômée en histoire de l'art (École du Louvre, Paris – Université Karl Ruprecht, Heidelberg) et en études franco-allemandes (Sorbonne Paris III). À la croisée de l'écriture, du commissariat d'exposition et des rencontres performatives, sa pratique explore les frontières poreuses entre les arts visuels et la recherche, les images et le langage. Elle est actuellement curatrice au centre d'art La Loge à Bruxelles. Depuis 2023 , elle fait partie du collectif multidisciplinaire – aux côtés de Denicolai & Provoost, Nord et Spec uloos – à l'initiative de Petticoat Government pour le pavillon belge à la 60e Biennale de Venise (2024). Par le passé, elle a travaillé comme éditrice, chercheuse et assistante curatrice dans le domaine des arts visuels (WIELS Bruxelles, M Leuven, entre autres). Ses activités s'étendent également à la pédagogie : en septembre 2025, elle devient professeures dans l'atelier CARE / Pratiques de l'exposition à l'ArBA-EsA (BE). Elle est membre de l'AICA et de c-e-a.

 

 

• Jeudi 29.01, 9:00-12:00 
The Public School / l’Auto-école par des étudiant·e·s de CARE & MULTI

L’école publique “The Public School” est un projet initié en 2008 à Los Angeles au Telic Art Exchange avec comme sous-titre “une école d’art sans programme”. L’initiative a fait quelques émules et a été activée à Bruxelles en 2010 par Komplot, alors en résidence à Nadine. Cela fonctionnait de la manière suivante : le public, chaque individu propose des cours qu’il souhaite suivre (je souhaite apprendre ceci, cela) ; puis les autres s’inscrivent aux cours (je veux aussi apprendre ça) ; enfin, en fonction des intérêts communs le groupe réuni les conditions nécessaires au cours (qui enseigne, avec quels moyens, quand). À Komplot, bon nombre d’enseignements ont été dispensés par les personnes qui assistaient aux autres cours proposés renforçant l’idée d’une communauté ouverte avec un public actif. C’était aussi une manière collective, alternative, radicale, de penser la production artistique contemporaine.

En 2025 à l’ArBA, MULTI propose aux étudiant·e·s de s’approprier le fonctionnement de L’école publique. Comme le cadre proposé est un master à dans une école supérieure des arts, cette initiative entend questionner la responsabilité de l’enseignement et s’inscrit dans la continuité des pédagogies actives à l’œuvre dans le master. Une sorte “d’auto-école”. Le projet se construit progressivement en atelier tout au long de l’année. Parmi les enseignements proposés en réponses aux désirs exprimés par le groupe, certains peuvent s’adresser à un public plus large que celui de l’atelier et seront donc proposés lors de la semaine Share 2026.  

Célébrant 10 années de collaboration MULTI CARE, les étudiant·e·s des 2 masters vous proposeront de choisir parmi différents cours/ateliers organisés le jeudi 29 janvier 2026 de 9h à 12h. 
 

→ Naître sous les étoiles par Victoria Ide-Kostic

Description : Eh ouiiiii, personne n’y a échappé : nous sommes tous nés sous les étoiles. Ici, on prendra le temps de comprendre quelle est la possible influence des grosses étoiles sur nous et nos trajectoires de vie. Munis-toi d’une trousse et d’un esprit ouvert, et promis, je ne dirai pas que ton signe est toxique.

Nombre de participant.es max: 15 
Durée : 1H30 
Lieu : M307

→ L'atelier des idées différentes par Horatio Decarli

Description : L'atelier des idées différentes est un atelier de collages collectif, l'idée est de construire des planches par thèmes et temps proposés, à partir de sources diverses (revues, atlas, livres d'histoires, presse people...). Les planches serviront à un projet de recherche en cours, le Catalogue des idées différentes, une étude autour du collage et des formes qui s'en dégagent, produites lors de workshops.

Durée : environ 2h30 

Nombre de participant.es max.: 10
Nombre de participant.es min.: 4
Lieu : M309
 

→ Corps en résonances, Fabriquer l'espace par l'écoute et la présence par Violette Caspar

Description : Cet atelier de recherche interroge le son comme élément constitutif de la scénographie et comme outil d’immersion. À travers l'expérimentation, les participant·es explorent le son, le corps et l’écoute pour produire une perception incarnée et un espace partagé, tout en gardant un droit de retrait. Des enregistrements sonores anonymes seront réalisés afin de nourrir la recherche sans objectif de production, puis finir avec un temps d’échange collectif.
 

Nombre de participant·es max: 6
Durée : environ 2h
Lieu : atelier CARE, aile Champagne, 3e étage

 

• Jeudi 29.01, 18 :30-20 :00
Conférence Répétition générale ! d'Aliocha Imhoff / Le peuple qui manque" 

Aliocha Imhoff est, en duo avec Kantuta Quirós, curateur, théoricien de l'art, cinéaste et co-fondateur de la plateforme art et recherche le peuple qui manque. Parmi leur derniers projets curatoriaux L’Ecole des Impatiences (Dieppe, 2021-2023-2025); Ecologies post-artistiques (maison des arts de Malakoff, 2025), Le procès de la fiction (Nuit Blanche, 2017) ; Une Constituante migrante (Centre Pompidou, 2017, symposium-performance). Iels ont notamment publié Qui parle ? pour les non-humains (PUF, 2022), Les potentiels du temps (Manuella Editions, avec Camille de Toledo, 2016) et dirigé Géoesthétique (Editions B42, 2014).  Iels poursuivent la série de films Les Impatient.e.s, une série chronopolitique. Il est également maître de conférence à l’Université Paris VIII et co-responsable du parcours de master Ecologies des Arts et des Médias..

Répétition générale !

Cette conférence se déroulera en deux temps; une présentation de son parcours curatorial en duo avec Kantuta Quirós, de la création du Festival de Cinéma Queer de Paris (2005) au Procès de la fiction (2017), procès fictif de la frontière entre fait et fiction, en passant par leur dernier film Pachakuti (2024) tentative de mise en scène d'une assemblée fictive entre esprits de la montagne et ombres d’une assemblée historique, présentation dont l’enjeu sera de chercher à identifier les contours d’une écologie des savoirs ; laquelle ouvrira des amorces de reflexions pour des états généraux de l’art et la préfiguration de nouvelles formes d’institutions ... dans un monde qui brûle.


©Les Impatients (2016-) d’Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós, Saison 1 (2018, 45 min)
 

• Vendredi 30.01, 10 :00-12 :30 
Le mémoire en école d'art , partage d'expériences 

Quelles formes un mémoire peut-il prendre en école d’art ? Comment se dégagent les premières intentions d’une recherche artistique et d’une expérience d’écriture ? Quelles sont les questions qu’elles cherchent l’une et l’autre à articuler et à adresser ? Quelles décisions formelles et matérielles accompagnent la mise en œuvre d’un mémoire ? Quels sont les effets que l’on peut en attendre et les prolongements d’un mémoire après l’école ? Pour aborder ces questions, des étudiant.es récemment diplômées de l’ArBA-ESA viendront partager leur expérience en dialogue.

• Vendredi 30.01, 14 :30-17 :30 
Pierre-Damien Huyghe La forme-cinéma 
Conférence suivie d’une table ronde

 Le cinéma n'est pas au même titre présent dans tous les films. Telle est l’hypothèse que développera cette conférence suivie d’une table ronde. Ce qu'on appelle ici la forme-cinéma se manifeste moins comme film que comme moments en certains d’entre eux. Quand elle a lieu, cette forme définit une sensibilité singulière dont on ne peut comprendre la nature qu'en accordant une attention et un traitement particuliers aux capacités intrinsèques des appareils d'enregistrement qui en offrent l’occasion. Si cette attention et ce traitement sont rares, si même ils ne guident pas nécessairement les opérations conduites dans ce qui est pourtant susceptible de relever d’un art des films, c'est parce qu'ils ne se portent pas au secours des logiques du sens. Leur affaire n'est pas de faire droit aux intentions signifiantes mais d'avérer les possibilités esthétiques de l'appareillage d'images propre à l'ère de la reproduction. Du passage d'un moment de forme-cinéma dans le champ de nos perceptions, nous nous souvenons grandement. Ce passage n'est pourtant pas de part en part attendu : il ne répond pas à la demande la plus classiquement adressée aux images de jouer le jeu expressif et foncièrement discursif de la mimesis. En prenant appui sur l’approche benjaminienne, cette conférence montrera en quoi pareille demande, quelle que soit sa fréquence et les motifs susceptibles de la justifier, distrait la conscience d’époque.

La conférence sera suivie d’une table ronde animée par Natacha Pfeiffer, Bruno Goosse, Sébastien Andres et Dirk Dehouck.

 

Pierre-Damien Huyghe est philosophe et professeur émérite en esthétique à l'Université Panthéon-Sorbonne. De formation philosophique, il a soutenu une thèse à l’université de Strasbourg en 1994, sous la direction de Philippe Lacoue-Labarthe. Penseur de la modernité, Pierre-Damien Huyghe situe ses analyses dans un cadre philosophique qui s’étend d’Aristote, dont il a fait de nombreuses lectures (Le différend esthétique, Circé, 2004), jusqu’à Bruno Latour (Modernes sans modernité, 2009, Lignes), en passant par Walter Benjamin (Du commun, Circé, 2002). Exégète de la technique et de la production au sens le plus large, il s'est intéressé aux rapports de l'industrie avec les arts et a élaboré une théorie des appareils qu'il définit distinctement des dispositifs et des instruments. Il a notamment publié L'art au temps des appareils (Harmattan, 2005), Art et industrie (Circé, rééd. 2015), Numérique, la tentation du service (B42 Éditions, 2022) et une série de cinq ouvrages sous-titrés À quoi tient le design (De l'incidence, 2018-2024). Pierre-Damien Huyghe a approfondi cette relation entre art et industrie dans un ouvrage récent consacré à La forme-cinéma (De l'Incidence, 2025).

Natacha Pfeiffer est docteur en Philosophie de l’Université Saint-Louis – Bruxelles et actuellement professeure de philosophie de l’art et des pratiques artistiques à l’Université libre de Bruxelles. Ses recherches s’inscrivent dans une perspective interdisciplinaire et intermédiale, à la croisée des arts et des sciences humaines. À partir de l’analyse d’œuvres, elle explore le rôle des formes artistiques dans la construction des savoirs et leur capacité à interroger les problématiques contemporaines. Elle est l’autrice de Au bord des images. Pour une philosophie du cadre (Mimésis, 2023) et de Arpenter l’image. Essai sur le cinéma d’Anthony Mann (avec L. Van Eynde, Presses universitaires du Septentrion, 2019), ainsi que la co-directrice de John Ford. Image, histoire et politique (Infolio, 2021) et de Les gestes du cadre (La Part de l’œil, 2020).

Bruno Goosse est artiste et professeur de cours artistiques à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles où il dispense notamment un cours artistique transversal de vidéo (décomposition / image-mouvement). Son travail artistique se présente comme une pratique de recherche en science humaine dans la mouvance de l’artiste enquêteur, pratique assumée en amateur, dont les résultats plastiques et narratifs sont rendus publics sous forme d’expositions, de livres et de conférences. Il a récemment publié grand(s) air(s) à La Lettre volée en 2025, Classement diagonal / diagonal listing (La Lettre volée, 2018) et Around Exit (La Part de l’œil, 2014)

Sébastien Andres est producteur, membre fondateur de la société de production MICHIGAN FILMS (2006), et professeur de théorie et technique du cinéma à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles et à la Haute Ecole Libre de Bruxelles – Ilya Prigogine. Il a récemment produit The Damned de Roberto Minervini (2025), Il pleut dans la maison (2023) et Camping du lac (2023). 

Dirk Dehouck est plasticien et philosophe de formation, professeur à l'ArBA-ESA.

• Vendredi 30.01, 18 :30-20 :00
Histoires de Miroirs : Kinshasa/Bruxelles
Conférence et table-ronde 

Étudiant·e·s : Merkal Abilwa, Delia Al Mouloudi, Adriel Bwami, Christ-Marie Kanyemba, Lukah Katangila, Melisa Kayowa ; Serge Matuta, Quentin Monnier, Wanda Ndala Muteb, Adélaïde Renou, Alizé van Reeth
Intervenant·e·s FRArt : Antoine Dupuy Larbre et Castélie Yalombo
Enseignant·e·s : Pierre Daniel et Prisca Tankwey

Initié en 2022-2023 par le Directeur Général de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, le Professeur Ordinaire Henri Kalama et le Professeur Hans De Wolf (d’heureuse mémoire), le projet Histoires de Miroirs vise à interroger l’histoire commune de la Belgique et du Congo en proposant aux étudiant·e·s de l'académie des Beaux-Arts de Kinshasa et de l'académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles de collaborer autour d’une réflexion et d’un projet artistique. Le projet bénéficie aujourd'hui du soutien et d'un financement de l'ARES qui permet notamment une mobilité des étudiant·e·s bruxellois·es et kinois·es sur les deux territoires.
Que l’on soit à Kinshasa ou à Bruxelles la question coloniale n’apparait pas de la même manière dans la ville et notre quotidien mais elle est omniprésente sur les deux territoires. L’histoire coloniale commune laisse des traces (dans les architectures, les monuments, les noms de rues par exemple) et a des conséquences socio-culturelles qui ont encore leurs répercussions aujourd’hui. Nous sommes toustes concerné·e·s par ce passé qui implique de nombreuses conséquences dans notre présent. 

 Partant de ce constat, comment « agir dans son lieu » (pour reprendre Edouard Glissant dans sa philosophie de la relation) ? 

Comment peut-on articuler quelque-chose collectivement en partant de son contexte, son territoire et face à une culture qui s’entrecroise ? En tant qu’artiste, en tant qu’étudiant·e, en tant qu’enseignant·e comment composer avec ce passé colonial qui porte une grande violence ? Comment peut-on créer des formes, des histoires, des imaginaires qui permettent d’interroger notre passé, notre présent et notre futur ? En axant la réflexion depuis le lieu où l’on se situe, l’expérience que l’on a de la question et les résurgences qu’il y a dans notre quotidien, quel projet collectif pourrait permettre de déconstruire et reconstruire nos imaginaires ? 

Dans le cadre de la semaine SHARE, les étudiant·e·s de Bruxelles et de Kinshasa invitent des chercheureuses et des artistes à réfléchir autour de ces questions (à travers leurs domaines et expériences spécifiques) lors d'une conférence/master class. 

Le projet Histoires de Miroirs bénéficie d’un financement de l'Ares

 

©MABILA NZAMBIWISHI ARNO