Rencontre avec Jacques Rancière
Mardi 24 novembre, 17h30-19h00, auditoire Horta
Nous sommes heureux·ses d’accueillir Jacques Rancière à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles (EsA) pour une conversation, à l’occasion de la parution de son ouvrage Aisthesis, publié aux éditions La Fabrique. La rencontre sera animée par les professeur·es de l'ArBA Dirk Dehouck et Pauline Hatzigeorgiou, en privilégiant les échanges avec l’auditoire.
Jacques Rancière est philosophe et professeur émérite à l’université Paris VIII, figure majeure de la pensée politique et esthétique contemporaine. Élève d’Althusser, il s’en détache avec La Leçon d’Althusser (1974) pour développer une pensée originale centrée sur l’émancipation intellectuelle et l’égalité. Il marque durablement le champ des sciences sociales avec La Nuit des prolétaires (1981), consacré à la parole ouvrière, puis Le Maître ignorant (1987), qui théorise l’émancipation par l’égalité des intelligences. Son concept de « partage du sensible », développé notamment dans Le Partage du sensible (2000) et La Mésentente (1995), a profondément renouvelé les études esthétiques et politiques. À travers son œuvre, Jacques Rancière reste une référence incontournable pour penser les rapports entre art, politique et démocratie.
Cette rencontre du 24 novembre prendra pour point de départ l'ouvrage Aisthesis, récemment réédité à La Fabrique.
Le terme aisthesis désigne le mode d’expérience selon lequel, depuis plus de deux siècles, nous percevons des choses très éloignées par leurs techniques de production et leurs destinations comme appartenant en commun à l’art.
Du Torse du Belvédère analysé en 1764 par Winckelmann au décor des métayers de l’Alabama décrit en 1941 par James Agee, en passant par une visite de Hegel au musée de Munich, une conférence d’Emerson à Boston, une soirée de Mallarmé aux Folies-Bergère, une exposition à Paris ou à New York, une mise en scène à Moscou ou la construction d’une usine à Berlin, Jacques Rancière examine une quinzaine d’événements ou de moments, célèbres ou obscurs, où l’on voit se transformer la perception de ce qu’est l’art et de ce qu’il fait. Il montre comment le mouvement propre à la modernité esthétique tend à effacer les spécificités des arts et à brouiller les frontières qui les séparaient entre eux et les tenaient à l’écart de l’expérience ordinaire.
INFORMATIONS ‼️
Rendez-vous à 17h15 à l'auditoire Horta. On fermera les portes 5 min avant le début de la conférence. Attention, le nombre de places est limité. Une fois la jauge atteinte, nous ne pourrons plus accepter de personnes dans l'auditoire.