Matinée de recherche

Cette matinée convie la communauté de l’ArBA - étudiant·e·s, enseignant·e·s et chercheur·e·s -  à la présentation de projets de recherche hébergés par l’Académie cette année 25-26. 

Ces projets de recherche inscrivent l’ArBA et sa communauté dans une dynamique de partenariat avec d’autres institutions, fédérations, musée et écoles comme le FNRS, l’ARES, l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, KANAL et d’autres. 

Cette recherche-création nourrit la vie intellectuelle et artistique de l’académie.

A cette occasion, les artistes, curateur·ices et la direction vont partager des informations sur les recherches en cours, et également répondre aux questions et préoccupations que vous pourriez avoir pour des projets futurs en  recherche en art et science de l’art au sein de l’ArBA. 

Merci de venir nombreux et nombreuses et de partager cette information largement auprès des étudiants, étudiantes, collègues et enseignants, enseignantes. 

Avec la participation de : Alasdair Asmussen Doyle et Emilio Azevedo, Castélie Yalombo et Antoine Dupuy Larbre, Pierre Daniel, Clémentine Deliss, Kevin Zanin, Pauline M’Barek, Amir Borenstein et Effi Weiss

 

9 :30 – Introduction
Présentation des projets de recherche (20 min/projet)

1/ Kinshasa, histoires de miroirs, Pierre Daniel

2/ Dramaturgie décoloniale, Castélie Yalombo et Antoine Dupuy Larbre [visio]

3/ Metabolic Museum, Clémentine Deliss [visio]

10 :40 – Q&A avec les artistes et curateur·ices

Pause 

11 :10 – Reprise - Présentation des projets de recherche : 

4/ Comment les logiques de fans (mangas, animés, jeux vidéo) peuvent façonner des imaginaires qui ne sont pas seulement liés au monde fictionnel du divertissement – thèse en cours, Kevin Zanin 

5/ Must be talking to an angle, Amir Borenstein et Effi Weiss

6/ The line between Rondônia, Alasdair Asmussen Doyle et Emilio Azevedo 

7/ What Can’t Be Contained, Pauline Hafsia M’barek 

12 :30 – Q&A avec les artistes et curateur·ices

13 :00 – Fin. 

 

Pierre Daniel – Histoires de Miroirs : Kinshasa/Bruxelles 

Le projet Histoires de Miroirs vise à interroger l’histoire commune de la Belgique et du Congo en proposant aux étudiant·e·s de l'académie des Beaux-Arts de Kinshasa et de l'académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles de collaborer autour d’une réflexion et d’un projet artistique. Que l’on soit à Kinshasa ou à Bruxelles la question coloniale n’apparait pas de la même manière dans la ville et notre quotidien mais elle est omniprésente sur les deux territoires. L’histoire coloniale commune laisse des traces (dans les architectures, les monuments, les noms de rues par exemple) et a des conséquences socio-culturelles qui ont encore leurs répercussions aujourd’hui. Nous sommes toustes concerné·e·s par ce passé qui implique de nombreuses conséquences dans notre présent. Partant de ce constat, comment « agir dans son lieu » (pour reprendre Edouard Glissant dans sa philosophie de la relation) ?

Le projet a été encadré cette année 2025-2026 par les enseignant·e·s Pierre Daniel (Bruxelles) et Prisca Tankwey (Kinshasa) qui ont travaillé avec les étudiant·e·s Merkal Abilwa, Delia Al Mouloudi, Adriel Bwami, Christ-Marie Kanyemba, Lukah Katangila, Melisa Kayowa ; Serge Matuta, Quentin Monnier, Wanda Ndala Muteb, Adélaïde Renou, Alizé van Reeth. 

Cette recherche a bénéficié du soutien et d'un financement de l’ARBA et de l'ARES qui a notamment permis une mobilité des étudiant·e·s bruxellois·es et kinois·es sur les deux territoires.

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Castélie Yalombo et Antoine Dupuy Larbre – Hégémonie·s culturelles et création artistique : penser les influences et tisser les alliances avec la dramaturgie

Cette recherche souhaite profondément questionner le rapport intime que les acteur·ice·s du réseau culturel entretiennent avec les différentes questions sociales actuelles soulevées par les études décoloniales, post- coloniales, anti-coloniales, anti-impérialistes ; notamment quand ces appartenances provoquent des frictions avec leur production artistique ou leurs relations de collaboration. C’est ainsi en étudiant les processus d’alliance et en problématisant leur fondement que nous souhaitons aborder les différents espaces réflexifs que le projet recouvre. 

Cette recherche est soutenue par le Fonds de la Recherche en Art (FRART)

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Clémentine Deliss – Le Musée Métabolique

Professeure invitée, KANAL- Centre Pompidou à l'Académie royale des Beaux-Arts, Bruxelles Dans sa conférence, Clémentine Deliss, propose un modèle de musée métabolique fondé sur la réanimation de collections dites secondaires et de fonds de recherche universitaires désuets. Effectuer une recherche artistique décoloniale sur les collections muséales ou universitaires, c'est travailler avec différentes thérapies de remédiation. Car si les symptômes de l'extraction et du pillage sont progressivement mis à nu par les études de provenance, les revendications discursives de l’ethnologie muséale ou des études sur l’histoire de l’art ne sont pas exemptes de critiques. En fin de compte, le processus de guérison nécessite des modèles d'analyse externes et hétérogènes combinés à une pléthore de nouvelles perspectives et de « pratiques de liberté » expérimentales. Les artistes sont les ingénieurs dans cette ligne de conduite réparative. Cependant, aucun·e artiste n'a besoin d'être l'équivalent d'un·e conservateur·rice ou d'un·e expert·e en études régionales pour travailler sur la question du doute chronique retrouvé dans les collections muséales. Avec un « œil voyageur » (Michel de Certeau), on s'émancipe du discours « maître-explicateur » (Jacques Rancière) et se promène avec une orientation ludique dans le maquis des collections. Le domaine métaphorique de la liminalité, de l'ombre, et de l’opacité, peut empêcher une résolution dans une lexicographie typique du discours académique avec ses embranchements coloniaux.

Cette recherche a bénéficié du soutien de KANAL et de l’ARBA

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Kevin Zanin – Glissement et permanence des logiques créatives des fans dans les récits politiques et identitaires ; Entre l'enquête spéculative, la documentation compulsive et les fan arts.

Le point de départ de cette thèse de recherche-création est une sensation étrange : celle de voir des pratiques d'enquêtes, de documentation ou des créations visuelles initialement liées aux cultures des fans glisser dans le champ politique et identitaire. De la théorie du complot QAnon née sur un forum dédié aux otakus (les fans de mangas, d'animés et de jeux vidéo) à la figure féminine des e-girls que l’on croise sur les plateformes numériques, cette recherche analyse comment les logiques de fans peuvent façonner des imaginaires qui ne sont pas seulement liés au monde fictionnel du divertissement.

Cette recherche est soutenue par le Programme Radian (ésam de Caen et Université de Normandie) 

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Amir Borenstein et Effi Weiss – Must be talking to an angle - vers une reformulation de la performativité corps-voix-identité à l’ère de l’artificialisation de la voix (titre de Eurythmics : Ça devrait être un ange à qui je parle)

Cette recherche explore le potentiel performatif d’un ensemble d’outils technologiques qui traitent, modifient ou imitent la voix humaine. Ces technologies accroissent le fossé déjà existant entre la voix, le corps et l’identité, en déconnectant ces trois composants l'un de l'autre. Que peut-on apprendre de ce nouvel état des choses sur la relation corps – voix - identité ? Si notre voix n’est pas (ou pas seulement) la nôtre, si elle est largement filtrée, mais aussi copiée, volée, s’il devient possible de parler à des voix sans corps, ou d’entendre les voix de personnes décédées, comment tout cela influence-t-il, en retour, la notion de l'identité, si intimement liée à la voix et au corps ? Serait-il possible de repérer, au-delà des dangers qui nous guettent, un potentiel de libération dans cette déconnexion ? Les voix sans source, tout comme les anges, peuvent-elles nous dire des choses que nous ne pouvons pas dire ?

Cette recherche est soutenue par le Fonds de la Recherche en Art (FRART)

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Alasdair Asmussen Doyle et Emilio Azevedo – The line between Rondônia

Ce  projet d'art et recherche explore les structures géométriques – linéaires et non linéaires – qui façonnent les paysages et récits de la route Transamazonienne, BR-364, traversant l’État de Rondônia en Amazonie occidentale et reliant les océans Pacifique et Atlantique. La recherche interroge le rôle des images produites par les dispositifs optiques dans l’imposition de structures linéaires et rationnelles au sein du territoire amazonien, tout en explorant comment des approches du territoire à la fois hétérodoxes et expérimentales peuvent déstabiliser les modes hégémoniques de représentation. L’objectif est de dépasser le simple relevé de terrain à travers une écriture et un corpus visuel offrant une perspective exploratoire sur les réalités de Rondônia.

Cette recherche est soutenue par le Fonds de la Recherche en Art (FRART)

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 Pauline Hafsia M’barek - What Can’t Be Contained - un projet de publication performative

Ce projet opère aux frontières de pratiques artistiques et discursives : l’exposition et l’édition, la performance et la conférence. L'expérimentation, l'écriture et la réflexion collective et individuelle forment un processus organique et se tissent à travers des réseaux de recherche issus de contextes et de références multiples. Au cours d’un an et demi, avec le concours de collaborateur.ices ponctuelles ou régulièr.es, je développerai des versions évolutives d’une conférence performée, et une publication d’artiste. Dans le cadre d’un dispositif scénique qui consiste en une transmission en direct d'un microscope USB connecté à un ordinateur, la conférence-performance mettra en action les fuites entre le corps, le médium et l'objet de recherche. Il s’agira d’une expédition dans les profondeurs microscopiques, les contaminations matérielles et les alliances instables entre l'ordinateur et le corps, l'écran et l'œil, le numérique et le toucher. Une oscillation permanente entre observation et expérience, distance et proximité, où les frontières catégorielles s'estompent, les dimensions se reconfigurent et les questions se multiplient. Parallèlement, je souhaite développer une publication sous la forme d'un essai visuel texte-image. Commençant par le curseur clignotant sur une fenêtre d'écriture vide, cet essai associatif nous guide à travers les différentes couches visuelles et discursives, les dimensions et les enchevêtrements d'une recherche artistique. Ainsi, la publication ou son support le papier ne documente pas seulement la naissance d'un processus de travail artistique, mais devient de plus en plus elle-même un objet d'investigation expérimentale. Le projet est l’étape la plus récente et poussée d’une recherche à long terme : dans ma pratique artistique, le corps et ses systèmes de perception se présentent à la fois comme un instrument et un objet de recherche. En me tenant au plus proche de mon sujet, je m'expose à des états précaires et instables, entre observation et expérience.

Cette recherche est soutenue par le Fonds de la Recherche en Art (FRART)