Victoriano Moreno
© Victoriano Moreno

Sagittaire queer, néx à Minsk d’une mère rwandaise et d’un père togolais, Alphonse est mannequin, performeureuse et metteureuse en scène baséx à Bruxelles.

Son travail prend appui sur le corps comme outil, l’écriture comme arme de résurrection et la performance comme urgence politique. Il s’agit pour iel de déjouer les normes de la représentation et de déplacer le lien entre spectateurices et performeureuses en perturbant les espaces scéniques et les cadres de réception.

Titulaire d’un master Espace urbain - ISAC, iel crée entre Bruxelles, Anvers, Kigali et Paris. Son parcours se construit à travers des collaborations qui traversent la performance, la mode, la danse, le théâtre et les arts visuels.

Dans le premier volet de son diptyque, reste(s), Alphonse développe une recherche autour des traumas transgénérationnels, de la mémoire invisible et des transmissions coloniales. Le solo est pensé comme un hommage à son oncle, Alphonse Kanimba, assassiné pendant le génocide des Tutsis en 1994.

Avec failles (oqt), iel poursuit cette recherche à partir de son histoire familiale. L’exil, les années sans papiers et l’obligation de quitter le territoire reçue durant l’enfance y sont abordés comme des expériences qui s’impriment dans les corps et les modes de présence. Le spectacle se construit en duo avec son père, autour des gestes, des langues perdues, des documents administratifs et des formes de résistance face à l’effacement.