Ma pratique explore les liens entre matière, territoire et mémoire à travers celle de mon enfance : la laine de brebis Manech, issue de ma bergerie familiale au Pays Basque. Fibre rustique aujourd’hui délaissée par les industrie textile, considérée comme grossière et « poilue », elle est abandonnée et brûlée sur les terres familiales faute de solution pour renaître. Elle devient pour moi le point de départ d’un travail mêlant archives, savoir-faire et expérimentations contemporaines. Tondue et triée à la bergerie, je confie la laine à la filature de Niaux, en Ariège, l’un des derniers lieux où lavage et cardage restent possibles. Mais la disparition des savoir-faire empêche désormais son filage. Ce constat a orienté ma pratique vers le feutrage à l’aiguille, révélant ses qualités sans eau ni fil. Entre tradition et innovation, je cherche à réintégrer cette laine dans nos habitats, à travers textiles et objets poétiques.